Appel de communications

 

Que ce soit en tant que procédé ou en tant que métaphore de l'écriture, le monstrueux anime tout un pan de la littérature. Métaphoriquement, le monstre (monstrum), c'est l'écriture qui (se) montre, qui attire l'attention. Le monstre est de surcroît l'entité théâtrale, gigantesque et improbable — héros ou double — qui invente et domine le récit. La dynamique monstrueuse conditionne également la réception (envisagée comme un jeu de domptage et une mise en condition) et détermine la nature de la relation de lecture. Aussi ce colloque ne pense-t-il pas le monstre comme une identité pleine, mais plutôt comme le résultat d'une démonstration qui le fait naître en tant que tel.

Cette rencontre vise à comprendre, décrire et interpréter les formes esthétiques de la monstruosité dans un corpus de textes francophones tant populaire que consacré depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il s'agit d'étudier une posture, c'est-à-dire une inclination, voire une inclinaison, comprendre l'angle de maintien qu'adopte à un moment donné la littérature. L'hypothèse de ce colloque est que le monstre en tant que dynamique de création et de réception, soit comme signifiant et signifié de l'oeuvre, influence la définition et l'évolution de la modernité littéraire.

Dans la foulée des travaux sur la violence, la cruauté et la marginalité menés par des spécialistes de champs divers tels les sociologues, les linguistes et les historiens, ce colloque s'intéressera au monstre selon son expression spécifiquement littéraire. Abordant le texte comme un objet social et historique, les recherches exposées ouvriront des perspectives sur l'étude de la sémiotique de la violence dans le texte littéraire moderne.

 

Programme

 

Jeudi 15 mars 2007

8 h
Accueil des participants

8 h 45
Mot de bienvenue

Première séance plénière
Présidente : Marie-Hélène Larochelle

9 h
Steven Urquhart
«L'esthétique du monstrueux dans Le libraire (1960) de Gérard Bessette»

10 h
Pause café

Première séance : Dé-finition du monstre
Président : Paul Choinière

10 h 30
Louis Hébert
«Petite sémiotique du monstrueux. Avec notamment des monstres de Hergé, Magritte et Matthieu Ricard»

11 h
Sylvain David
«Dé-monstration formelle. Tératologie, post-historicité et esthétique de l'a-normal»

11 h 30
Marie-Hélène Larochelle
«Le tératogène comme idéal de l'autoengendrement»

12 h
Repas

Deuxième séance : Auteurs-monstres
Président : Marc Angenot

13 h 30
Pascal Brissette
«S'épanouir en liberté comme une gibbosité miraculeuse, ou : quand l'écrivain se monstre»

14 h
Yan Hamel
«Ce monstre sureuropéen, l'Amérique du Nord»

14 h 30
Denis Labouret
«Noé de Jean Giono : une poétique du monstrueux»

15 h
Pause café

Troisième séance : (Dé)formes du monstre
Président : Yan Hamel

15 h 30
Anthony Glinoer
«Politiques du monstre frénétique»

16 h
Charles-Étienne Tremblay
«Prométhée, décadence et tératogonie : le monstrueux, de Rimbaud à Jankélévitch»

16 h 30
Luc Breton
«Dans la conscience d'un monstre. Intersubjectivité et altérité dans Le martyre de l'obèse (1922) d'Henri Béraud»

17 h
Clôture du colloque

18 h
Repas offert aux participants

Vendredi 16 mars 2007

8 h 30
Accueil des participants

Seconde séance plénière
Présidente : Marie-Hélène Larochelle

9 h
Pierre Verdaguer
«Proximité temporelle et évocation de l'horreur : tendances actuelles dans le roman policier et d'anticipation»

10 h
Pause café

Quatrième séance : Incarnations monstrueuses
Président : Simon Harel

10 h 30
Vincent Bruyère
«Fables du monstrueux : de quoi nourrir l'imaginaire de l'autre»

11 h
Catalina Sagarra
«Il y a des monstres parmi nous : énonciation de la monstruosité dans Génocidé de Révérien Rurangwa»

11 h 30
Catherine Mavrikakis
«La question du pathos dans l'appareil monstrueux : Joseph Goebbels»

12 h
Repas

Cinqième séance : Ressusciter le monstre
Président : Sylvain David

13 h 30
Jean-Pierre Sirois-Trahan
«Le monolithe dans 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick : une figure de l'irreprésentable»

14 h
Sandrina Joseph
«La Merteuil et sa biographe : filiation monstrueuse et (re)création dans L'hiver de beauté de Christiane Baroche»

14 h 30
Simon Harel
«Bruce Chatwin et V.S. Naipaul : les terras incognitas de la monstruosité»

15 h
Pause café

Sixième séance : Bêtes et monstruosités au tournant du XXe siècle
Président : Pascal Brissette

15 h 30
Sophie Ménard
«Paradoxes du monstre intérieur en régime zolien»

16 h
Marc Angenot
«Le monstre en soutane»

16 h 30
Paul Choinière
«Le bestiaire des Mystères de Paris : bêtes sauvages, terreur romanesque et littérature engagée»

17 h
Clôture du colloque

17 h 30
Cocktail offert aux participants

 

Organisatrice et responsable : Marie-Hélène Larochelle