Première publication dans Texte, revue de critique et de théorie littéraire, no 45/46, 2009, pp. 11-26.

 

L’analyse qui suit vise à l’illustrer ce que j’entends par sujet culturel et, dans une deuxième partie, à situer cette notion dans l’ensemble d’un parcours euristique.

« Selon quoi, il fut toujours tenu pour difficile de trouver un ami fidèle et véritable. Ils sont comptés, couchés par écrit et le plus souvent dans des légendes ceux dont on dit qu’ils l’ont été. Je n’en ai rencontré qu’un seul dans notre monde, le meilleur, le plus généreux, le plus sincère et sûr de tous, qui ne nous fait jamais défaut, toujours est présent, qui ne se lasse jamais de nous donner ; et c’est la terre.

Celle-ci nous donne les pierres de prix, l’or et les autres métaux précieux dont nous avons si grand besoin et soif. Elle produit non seulement l’herbe dont se nourrissent les troupeaux et les animaux que nous utilisons à notre service mais encore les plantes médicinales qui nous conservent en bonne santé et atténuent la gravité de la maladie quand elle ne nous en préserve pas. Elle produit nos fruits et nous donne des toiles dont nous nous couvrons et nous parons. Elle rompt ses veines et fait jaillir de sa poitrine des eaux fort douces et mystérieuses que nous buvons, des rivières et des fleuves qui fertilisent les champs et facilitent le commerce en mettant en rapport les pays les plus lointains entre eux. Elle nous permet tout, elle accepte tout, les bons et les mauvais traitements. Pas un mot; elle est comme la brebis dont on n’entendra jamais autre chose que bien : qu’on la mène paître, ou boire, qu’on l’enferme, qu’on lui prenne son enfant, son lait, sa laine, sa vie, à tout elle ne sait dire que bien.

Et tout le bien que nous avons ici-bas, la terre nous le donne.

Et enfin, lorsque nous sommes morts et puants, alors qu’il n’y a ni épouse, ni père, ni fils ni parent ni ami qui nous veuille souffrir et que tous prennent congé et nous fuient, alors elle nous protège et nous recueille en son propre sein où elle nous garde en dépositaire fidèle pour nous rendre à une autre vie, éternelle1. »

Ce texte déconstruit le mythe de l’Âge d’Or dont les réalisations se sont successivement organisées autour de l’éloge de la fécondité de la terre d’abord, de l’exaltation des travaux agricoles ensuite. Toutes les réalisations antérieures de ce topique condamnent et rejettent l’activité commerciale, l’aventure sur mer et la notion de propriété individuelle. C’est dans le creux de ce topique qu’opère le texte d’Alemán qui écarte l’évocation traditionnelle des bienfaits de la terre (miel, fruits sauvages, moissons) au profit des métaux précieux (« pierres précieuses, or argent et autres métaux »). A cette première série s’ajoute un mouvement panégyrique à la gloire de l’élevage qui débouche sur deux allégories de la terre, la première sous la figure d’une mère du commerce dont les eaux lactées permettent la communication avec les pays les plus éloignés du monde connu, la seconde sous la forme d’une brebis passive et consentante derrière laquelle on ne peut s’empêcher de voir se profiler l’état lamentable de la campagne et de l’agriculture castillanes, sacrifiées précisément au profit de l’élevage et du commerce avec l’étranger, plus particulièrement avec les Indes. La conjonction de cette double apologie du commerce et de l’élevage donne au raccourci remarquable de : « et nous donne des toiles » sa portée exacte. Sans doute pourrait-on y voir une trace directe de la spontanéité des dons de la terre ; le travail de l’écriture ne porte cependant pas en ce cas sur la reproduction de l’acte de donner mais sur la nature de ce don nouveau qui passe sous silence le processus de transformation matérielle et l’activité humaine correspondante. Le texte y dévoile de la sorte ses critères d’occultation : il gomme en effet l’agriculture et l’industrie au seul profit des activités d’échanges directs susceptibles de se traduire en gains monétaires immédiats.

Ainsi donc l’interdit qui frappait le commerce dans tous les textes latins se trouve-t-il transgressé et occupe-t-il tout l’espace textuel. Le topique est complètement retourné, comme pourrait l’être un gant.

Des espaces de conflit cependant s’y perçoivent où semblent s’être investies d’autres voix. Tel est le cas dans : « dont nous avons si grand besoin et soif » où sur cette vision manifestement mercantiliste de l’économie se surimpose contradictoirement le discours moral des théologiens, qui s’enroule lui-même autour des prétextes donnés (« besoin ») pour les rejeter (« soif » entendu comme « cupidité »). Tel semble être encore le cas de cette vision fugitive d’une terre meurtrie, dépouillée, exsangue qu’esquisse la dernière allégorie de la terre (« qu’on lui prenne son enfant, son lait, sa laine et sa vie ») et qui transcrit la face cachée de cette vision idyllique. Je serais personnellement tenté d’y voir une articulation, qui s’occulte elle-même dans l’allégorie, d’intérêts sociaux contradictoires. La situation florissante de la marchandise et des grands éleveurs regroupés dans la puissante corporation de la Mesta se fait, en effet, aux dépens des secteurs producteurs de biens et, plus particulièrement, de ces campagnes ruinées. On voit comment le discours, dominant ici, d’un sujet transindividuel, qu’on peut identifier comme renvoyant au capitalisme marchand, en fait taire un autre, l’empêchant d’arriver directement à émergence et l’obligeant à se déplacer littéralement dans la métaphore allégorique. Cette dernière fonctionne ainsi comme un indice à la fois idéologique et psychanalytique.

A un premier niveau l’explication est simple : par ses origines familiales, du côté de sa mère, fille d’un marchand de Florence installé à Séville, et par ses activités, en particulier, entre 1568 et 1580, Mateo Alemán a des attaches avec le monde du commerce et relève donc du sujet culturel correspondant. Mais il a appartenu probablement dans les dernières années du xvie siècle à un cercle d’intellectuels qui se présentent comme des économistes avant la lettre et qui ne peuvent pas se désintéresser de la situation déplorable des campagnes. Tel est ce second sujet transindividuel qui ne peut s’exprimer directement car on ne peut, au niveau de la conscience claire, faire à la fois l’apologie du commerce et en reconnaître les effets néfastes, d’où ce déplacement, dans la métaphore, de la victimisation de la terre représentée par celle de la brebis. Dès lors la question se pose de savoir si ce déplacement relève du non conscient ou du sujet de l’inconscient, c’est-à-dire d’une face ou de l’autre du sujet culturel. Il me paraît évident que c’est la conjonction des deux dimensions du même sujet qui génère ce déplacement.

Les effets de cette conjonction apparaissent en un autre point. En effet, le mythe de l’Âge d’Or est un mythe passéiste, or nous avons vu qu’il exalte ici l’aventure maritime et l’outre-mer. Il s’agit d’une nouvelle contradiction qui transcrit, une nouvelle fois, l’impact du même sujet transindividuel, à savoir le sujet marchand. On pourrait s’en tenir à ce constat si la présence du passé ne revenait pas en force à la fin du passage sous la forme d’une régression à l’état fœtal : « alors elle nous protège et nous recueille en son propre sein où elle nous garde en dépositaire fidèle pour nous rendre à une autre vie, éternelle. ». (C’est moi qui souligne).

On assiste en fait au même processus que celui que j’ai essayé de reconstituer à propos de l’allégorie de la Terre sous les traits de la brebis. Chassé du premier niveau par la déconstruction de la dimension passéiste du mythe, la nostalgie du passé se manifeste plus loin sous la forme d’une résurgence du refoulé. Le sujet de l’inconscient resurgit dans les failles mêmes du discours qui le bâillonne. Comment alors faire la distinction entre les deux faces du sujet culturel ? Où situer la responsabilité de la déconstruction ? Est-ce le sujet de l’inconscient qui a convoqué le discours du sujet transindividuel impliqué ou est-ce le contraire ?

Il est d’autant plus difficile de répondre à la question que cette résurgence s’exprime d’une façon significative, ce qui m’amène à évoquer le matériau verbal utilisé : deux phénomènes de diffraction sémantique (ou de déconstructions de syntagmes figés) s’y déclarent à première lecture. La première porte sur pierres de prix, où vient se diffracter l’expression originelle de pierres précieuses, sur laquelle se surimpose, en conséquence, la plénitude sémique du concept d’échange monétaire (des pierres qui ont du prix), aux dépens des virtualités métaphoriques (des objets qui seraient estimables en fonction d’autres critères, affectifs ou esthétiques par exemple). C’est à un effet de sens voisin que concourt la seconde, où le travail de l’écriture déconstruit en « couvrir et orner », le « couvrir et abriter » qui correspond à l’expression toute faite attestée à l’époque : de produit de première nécessité la toile devient parure, indice de rang social, enjeu et convoitise au même titre que l’or ou l’argent ; c’est dire que sous une nouvelle forme l’écriture reprend l’opposition entre le besoin et la convoitise. Commencent à apparaître de la sorte les critères de sélection de la chaîne des signifiants : prenons le cas d’une autre déconstruction. Il s’agit du thème de l’excellence de l’amitié pour la description de laquelle les formes les plus souvent utilisées, à l’époque, me semblent être les suivantes : bon et véritable ami, le plus loyal ami. Le choix du terme « fiel » (fidèle) n’est pas indifférent : ilconnote avant tout, le monde du marché, des affaires et de la marchandise : (un criado fiel est un serviteur qui ne vole pas son maître tandis que le fiel executor est celui qui contrôle le poids et le prix des marchandises.) L’écriture fait apparaître un enchaînement de signes qui procèdent d’un même champ lexical : tels sont les cas de « sont comptés », « être couchés par écrit », qui appartiennent au lexique du droit commercial, et, surtout, le « garder en dépositaire fidèle », qui évoque l’enjeu d’un pari confié à un tiers ou une caution exigée par la justice. Le support du discours figuratif se donne ainsi à voir comme représentation du monde de la transaction, saisi dans ses activités, ses valeurs, ses règles de comportement et son organisation juridique. Traçant de la sorte les marques textuelles d’un discours dominant il démasque la systématique idéologique responsable de la déconstruction du topique.

Or, pour s’exprimer, le sujet de l’inconscient se glisse et se moule dans ce discours : le giron maternel désiré est en effet assimilé à l’espace où se trouve garantie une certaine somme d’argent. On ne peut rêver de trouver un meilleur exemple de la façon dont fonctionnent conjointement les deux dimensions du sujet culturel. En réalité le sujet est un Tout qui n’est fractionnable que pour la commodité de l’exposé. Il en résulte un constat qui est d’une importance capitale à savoir que le « sujet de l’inconscient » s’articule sur l’Histoire qui le produit et dont il reproduit le cours chaotique. Ce sujet se donne à voir par le truchement d’une matière discursive où se trouvent gravées les conditions socio-historiques au sein desquelles il est immergé. Mais dans ce que nous percevons de lui, dans ce témoignage qu’il donne ainsi de son existence, quelle part faut-il donner, lorsqu’on s’interroge sur l’origine de ce qu’il dit de lui, à la forme sémiotique qu’il choisit ─ ou qui lui est imposé ─ pour s’exprimer ? Ce questionnement est incontournable car la manifestation du sujet n’existe que par et dans cette matière sémiotique. Le sujet n’est saisissable que dans et sous cette forme sans laquelle il s’évanouit. Est-il convoqué par cette matière discursive ou la convoque-t-il ? Dans un cas comme dans l’autre, il lui est indissociablement lié.

Si, à partir de cette observation, on pose le problème du Temps qui s’inscrit dans ce sujet, on remarque que cette inscription est complexe dans la mesure où le passé, représenté ici aussi bien par l’élément transhistorique du mythe passéiste de l’Âge d’Or que par l’histoire du sujet de l’inconscient (le désir de régression à l’état fœtal), se développe en arrière-fond d’un élan vers l’avenir de l’aventure outre-mer. Sur ce dernier point, une vue prospective de ce qu’a été et de ce que deviendra ce désir permet de définir celui-ci comme un désir authentique et prégnant. On sait en effet que, dès le 31 janvier 1582, Mateo Alemán avait introduit une demande d’autorisation à émigrer au Pérou, demande qu’il réitère le 5 février, projet qu’il réalise enfin en juin 1607, date à laquelle il obtient l’autorisation d’émigrer au Mexique. Un tel rappel n’est pas inutile car il éclaire la nature de ce qui se joue dans le texte, à savoir la nature de ce désir tourné à la fois vers le passé et vers l’avenir. Dans ce texte, non seulement ce désir est tourné vers le passé mais il est également associé à la mort (« Et enfin, lorsque nous sommes morts et puants, […] alors elle nous protège et nous recueille en son propre sein où elle nous garde en dépositaire fidèle pour nous rendre à une autre vie, éternelle. »).

On verra dans ce passage une transcription parfaitement lisible non seulement de ce que Freud appelle la « pulsion de mort » mais aussi de son articulation sur la « pulsion de vie » qui génère ici l’ouverture sur l’aventure. Projetée dans le processus de déconstruction du mythe, cette articulation, que Freud ramène à une opposition entre l’attraction et la répulsion, se réalise sous une nouvelle forme : en effet ce qui, dans le topique originel, faisait l’objet d’un rejet (le commerce et le voyage maritime) se transforme en un objet de désir. C’est le jeu de ces deux opposites (attraction/répulsion) qui programme tout le texte. De ce point de vue, la double allégorie de la Terre mère du commerce et victime sacrifiée est significative dans la mesure où dans le même temps elle revient à faire l’apologie du commerce (attraction) et à le condamner (répulsion). Ce qui m’intéresse dans ce cas c’est que cette contradiction qui est explicable d’un point de vue freudien, comme nous venons de le voir, peut également l’être dans une autre perspective, à savoir la co-existence conflictuelle, au sein d’un même sujet, de deux discours, le discours marchand et le discours réformateur.

Quoi qu’il en soit, nous tenons là l’origine de cette étonnante et inattendue déconstruction du mythe, origine qui, cependant, une fois de plus, demande à être relativisée car nous retombons sur la question que j’ai soulevée plus haut. La contradiction dont je viens de parler entre un discours marchand explicite et un discours réformateur refoulé est-elle convoquée par ce jeu de pulsions ou, au contraire, le re-active-t-elle ? On voit bien une fois de plus qu’il est difficile de trancher entre ces deux hypothèses. L’Histoire est présente dans le texte aussi bien dans l’évocation indirecte des structures socio-économiques du temps (les échanges intra-européens et le commerce entre la Castille et les Indes) que dans la nature et les structures des sujets trans-individuels impliqués mais elle ne l’est pas sous la forme d’une matière en quelque sorte passive et redistribuée ou encore d’un objet qui serait contemplé et reproduit. Elle est toute entière transcrite dans la substance du sujet, elle est inscrite au cœur des structures du sujet culturel au point de ne pas pouvoir en être distinguée.

Faisons maintenant le point sur la série de contradictions relevées dans ce texte :

1) Au niveau explicite, le narrateur prétend donner la définition du véritable ami, à savoir celui qui donne tout sans ne jamais rien demander ni recevoir, mais pour décrire cette notion il utilise le sociolecte de la marchandise qui véhicule une vision totalement contraire puisque cette dernière s’organise autour du concept de donnant/donnant.

2) Les intérêts du bloc marchandise/élevage s’opposent à ceux qui concernent le bloc agriculture/ industrie.

3) La valorisation de l’argent est contredite par la condamnation de la cupidité (cf sed/ soif).

4) La reproduction que fait le texte du mythe est en parfaite contradiction avec ce qu’est sa représentation originelle.

La nature de ces diverses contradictions doit être précisée dans la mesure où la notion de contradiction pointe un espace d’où se trouve exclue la conscience claire : on ne peut en effet, au niveau de la conscience claire, dire quelque chose et son contraire. On considèrera chacune d’entre elles comme « l’expression involontaire d’un être parlant2 », mais un « involontaire » qui peut renvoyer aussi bien à l’inconscient qu’au non conscient. Toutes les contradictions que j’ai soulignées procèdent du fait qu’une première vision du monde est exprimée dans un discours qui véhicule une autre vision du monde et un autre temps historique. Ce discours n’est pas homogène. J’y ai relevé des traces qui renvoient à trois sociolectes différents : celui du capitalisme marchand est sans doute le plus important, comme nous l’avons vu, mais il vient buter sur deux autres qui lui sont contradictoires, à savoir celui des moralistes (« soif » entendu comme « cupidité ») et celui des « économistes » lucides qui défendent les intérêts de la production industrielle et agricole et qui apparaît dans le déplacement introduit par la métaphore de la brebis exsangue. Ce type de contradiction implique le versant « social » – ou encore pluriel – du sujet culturel, où se trouvent intériorisées des contradictions de nature idéologique qui sont en phase avec le temps historique contemporain de l’écriture.

Mais il faut se garder de confondre cet ensemble avec des contradictions qui sont, à première vue, d’une autre nature. Si on revient en effet à un premier niveau de signifié, la trame textuelle est ici claire : il s’agit de la valorisation de la figure de la mère (sous le triple aspect de la mère, de l’ami véritable et de la terre) saisie dans ses qualités essentielles que sont la fidélité, l’inconditionnalité de sa présence et de son amour, son abnégation. On est en face d’une représentation traditionnelle et d’un ensemble de lieux communs qui transcrivent une certaine vision du monde portée par un de ces sujets transindividuels qui, au total, informent le versant social du sujet culturel. Celui-ci transcrit la permanence, dans une structure mentale déterminée, d’une représentation qui a traversé le Temps et qui convoque une stratification culturelle attestée. On lui doit encore la sélection du mythe de l’Âge d’Or. Ce dernier sujet transindividuel s’ajoute aux trois précédents dans le cadre d’un système dominé par le discours marchand.

Stabilité, fidélité, abnégation, mère du commerce, terre/mère : une sémiotique au centre de laquelle s’installe l’image de la mère se donne donc à voir en arrière-fond du texte. Or la « sémiotique de la mère » est importée de l’extérieur du mythe ; elle n’appartient pas au mythe originel. Cette présence est très forte : « …qu’on lui prenne son enfant… » est-il dit de la brebis, et, en ce qui concerne la première allégorie, on remarquera que jaillissent de sa poitrine des eaux « fort douces » et « mystérieuse », évocatrices à la fois du lait maternel dont le sujet garde encore en bouche la saveur et de l’espace sacré du mystère de la transmission de la vie. Mais ce lait se métamorphose aussitôt en rivières, en fleuves et en océans dont le mérite principal est de mettre en rapport les pays les plus lointains entre eux. Ainsi les deux fils sémiotiques du commerce et de la figure maternelle, c’est-à-dire du non conscient et de l’inconscient, s’enroulent-ils l’un sur l’autre et se perdent-ils l’un dans l’autre de façon inextricable.

Le sociolecte « marchand » qui véhicule le non conscient traverse cette « sémiotique de la mère », générant ainsi des contradictions pour chacune de ces qualités attribuées à la Terre. Il en est ainsi en ce qui concerne, plus particulièrement, l’une d’entre elles, à savoir la stabilité : (« [Cet ami qui] ne nous fait jamais défaut, toujours est présent, qui ne se lasse jamais de nous donner… »).

Dans le Guzmán de Alfarache en effet l’argent convoque, au même titre que les fluctuations de la fortune, l’éphémère et l’instable. Cette vision correspond à une réalité socio-économique du temps. Au xvie siècle on assiste, pour la première fois, semble-t-il, en Europe, et plus particulièrement en Espagne, à une très forte inflation à propos de laquelle Braudel n’hésite pas à parler de la « révolution des prix ». Dans de telles conditions économiques, la terre est le meilleur investissement possible. Sa possession protège contre la volatilité de l’argent.

« Ce qui compte, c’est l’étonnement de ces hommes au long d’un siècle qui commence bien avant 1500 et pendant lequel les prix ne cessent de bouger vers le haut. Ils ont eu l’impression de vivre une expérience sans précédent. Au bon vieux temps où tout se donnait pour rien a succédé le temps inhumain des chertés qui ne rétrocèdent plus3. »

A la lecture ces quelques lignes de Braudel on se surprend à penser que le mythe de l’Âge d’Or, ce « bon vieux temps où tout se donnait pour rien », est convoqué par cette situation socioéconomique où l’inflation joue un rôle majeur dans l’évolution des structures mentales.

La terre fonctionne comme l’icône de la stabilité et on comprend que les deux notions de terre et de mère puissent se confondre l’une dans l’autre. Derrière ce désir de stabilité apparaît cependant l’objet d’un autre désir c’est-à-dire l’objet du désir primordial qu’est la mère. A ce niveau, ce qui est inscrit dans le texte n’est rien d’autre que le « fol désir de retour à l’état originel de béatitude intra-utérine » pour reprendre les termes de J. D. Nasio, qui ajoute que « le désir incestueux, c’est le désir de fusion avec notre terre nourricière4 ».

Or ce qui est important ici c’est que ce désir soit exprimé dans les termes du discours marchand. Ce dernier convoque l’obstacle (l’argent en tant que vecteur de l’instable) qui s’interpose entre ce désir (de stabilité, et, au-delà de ce désir, celui de retour à l’état de béatitude intra-utérine) et sa satisfaction. Parce qu’il est précisément l’obstacle qui s’interpose, il est en quelque sorte inscrit dans le nœud qu’il forme avec le désir. Je me crois autorisé à dire que toutes les fois où l’argent est évoqué il sollicite et convoque dans le même temps le désir. Il fonctionne ainsi manifestement comme l’interdit, comme s’il était l’interdit, de façon parfaitement analogue à la façon dont fonctionne le Nom du Père dans la théorie lacanienne. Cette contradiction est d’une autre nature que celles que nous avons vu opérer dans le système construit par la dialectique des divers sociolectes. Sans doute est-ce le manque (de stabilité) qui provoque le désir mais ce manque est-il (d’abord ou aussi) un produit des conditions extérieures au sujet, c’est-à-dire des conditions économiques ? Je renvoie à ce que je disais à propos de l’expression utilisée pour exprimer le désir de régression à l’état fœtal c’est-à-dire de retour à l’état fusionnel, en faisant observer que le giron maternel désiré est assimilé à l’espace où se trouve garantie une certaine somme d’argent. Ici d’ailleurs se donne également à voir la même contradiction entre le stable et l’instable : en effet, placer sa fortune dans le coffre-fort d’une banque, pour mieux la protéger, ne la protège pas contre l’inflation.

J’évoquais plus haut deux types de contradictions : le premier correspond aux contradictions qui opèrent dans le système interdiscursif mis en place par les divers sociolectes, le second se construit autour de deux visions du monde contradictoires portées respectivement par le signifiant/obstacle (« discours marchand ») et le signifié barré (objet du désir).

Pour s’exprimer, le désir n’a donc pas d’autre voie que les interstices d’un discours qui le bâillonne et qui contamine sémantiquement la forme discursive dans laquelle se moulent les signifiants (entendus au sens lacanien du terme). On sait que pour Lacan un signifiant n’est signifiant que pour d’autres signifiants ; il fait donc partie d’un ensemble d’unités semblables à lui qui, au-delà de leurs différences, ont un élément en commun. Tel est le cas ici de la série des phénomènes discursifs suivants, telle qu’elle ressort de l’analyse qui précède : « [Il/Elle] ne nous fait jamais défaut – Elle fait jaillir de sa poitrine des eaux fort douces et mystérieuses – Elle nous garde en dépositaire fidèle ».

Ces trois expressions, renvoient par leur trait commun, qui est l’objet du désir, au sujet de l’inconscient, un sujet de l’inconscient qui n’est cependant pas saisi dans l’absolu mais comme partie constitutive d’un sujet culturel. Ce sujet culturel est reconstitué ici dans un état déterminé qui correspond à ce qu’il est dans ce passage.

Si on s’interroge maintenant sur l’imbrication des deux dimensions du sujet (non conscient-inconscient) on est amené à observer que la mère est présentifiée non pas explicitement en tant que mère mais, soit sous les traits de la Terre, soit par des attributs qui lui sont traditionnellement donnés : la fécondité (« jaillissent de ses seins… etc. »), l’abnégation (« Elle est comme la brebis… ») et, surtout, la stabilité (« qui jamais ne nous fait défaut[] est toujours présent[] nous garde en dépositaire fidèle… ») Le terme de mère n’apparaît pas. L’évocation de la mère passe essentiellement par la représentation de ses attributs. L’objet immédiat du désir est, en particulier, la stabilité. De l’ensemble du champ sémantique du terme mère, c’est cette dimension qui est mise en plein relief. Que cet attribut de la mère devienne un attribut de la terre est significatif (même si l’équivalence des deux termes peut correspondre à un cliché), si on se souvient de ce que je disais de l’importance de l’inflation à l’époque correspondante et du fait que la Terre devient, dans de telles conditions, une valeur-refuge. On ne peut s’empêcher de penser que ce sont donc les conditions socio-économiques qui réactivent cet espace d’où émerge la série des signifiants qui renvoient au sujet de l’inconscient. Ce qui signifie en ce cas que ces mêmes conditions sont inscrites dans l’espace intra psychique du sujet culturel et que cette inscription se donne à voir dans la façon dont l’inconscient se manifeste ici (dialectique de la stabilité et de l’instabilité). Les deux dimensions du collectif et de l’individuel se confondent au sein d’une même structure. Pour prendre la mesure de l’importance du collectif dans l’ensemble de ce processus il faudrait ajouter que les attributs de la mère dont nous parlons et qui permettent de relier la cause et ses effets, c’est-à-dire l’articulation du pluriel sur l’individuel (du non conscient sur l’inconscient) sont des constructions socioculturelles intériorisées par le sujet. Autrement dit, il apparaît bien que la façon dont le sujet barré se donne à connaître fait partie de ce qu’il dit de lui et donc en dernière instance, si ce n’est de ce qu’il est, tout au moins de son histoire.

Comment enfin peut-on définir la structure du sujet culturel qui est impliqué ici ? Rappelons d’abord que :

1) l’ensemble des sociolectes qui interviennent dans son fonctionnement est dominé par l’un d’entre eux, que j’ai identifié comme étant celui du capitalisme marchand. Celui-ci se manifeste par l’omniprésence d’une sémiotique de l’argent.

2) Cette sémiotique convoque la notion d’instabilité et son opposite, la stabilité.

3) C’est sur ces deux opposites que s’articule le sujet barré qui renvoie à l’objet du désir, la mère/terre.

On peut en déduire la présence d’un axe structurel central qui oppose le stable à l’instable et dont le fonctionnement enroule l’un sur l’autre, et l’un dans l’autre, le non conscient et l’inconscient.

A partir de ces conclusions on ne saurait cependant procéder à une extrapolation visant à enfermer l’auteur du Guzman de Alfarache dans une définition quelconque. On est en droit d’envisager en effet des reconfigurations des contours du sujet culturel susceptibles d’opérer dans d’autres passages.

Cette mise en garde me paraît d’autant plus nécessaire que ce sujet culturel, tel que je l’ai reconstitué, opère dans un espace textuel qui obéit à ses propres lois. Si j’en viens en effet au fonctionnement de la morphogénèse textuelle, tel que je l’ai défini dans mes travaux antérieurs5, je dois faire observer que nous nous sommes intéressés, jusqu’ici, à l’axe de l’interdiscursif sans tenir compte de celui de l’intertextualité et du précontraint. Or c’est la coïncidence des deux axes et le travail de l’un sur l’autre de ces deux axes qui instituent le foyer sémiotique où se ressource l’écriture. Cette perspective, qui nous amène à re-introduire l’héritage culturel et linguistique (mythe, lexies et lieux communs, etc.), fait apparaître, à tous les niveaux du passage sélectionné, deux oppositions dialectiques majeures qui opposent, la première l’attraction à la répulsion, la seconde le don à l’échange, structurations qui sont à rapporter maintenant, d’une part aux contradictions relevées dans l’analyse qui précède et, d’autre part, à la structure globale de l’ensemble du Guzmán de Alfarache.

Sur le premier point (rapport entre le sujet culturel et le texte), on observera que les conclusions de mon analyse doivent être situées dans le cadre du fonctionnement de la morphogénèse, à savoir d’un fonctionnement qui produit tout au long du texte des formulations qui, au-delà de leurs différences apparentes, répètent une même structure dialectique. Lorsqu’en effet on met en perspective ces différentes formulations (que je qualifie de phénotextes, définis à la suite des analyses respectives des différents niveaux textuels) on constate qu’elles pointent un même élément et se ramènent à un même schéma (élément morphogénétique). C’est ainsi que toutes mes observations pointent la même opposition entre le donner et l’échanger, même si dans certains cas, cette opposition de base se trouve apparemment déplacée par la façon dont elle s’articule sur certains effets. Tel est le cas par exemple de ce que j’ai dit à propos de la dialectique de l’attraction et de la répulsion dans le prolongement de mes observations sur les pulsions de vie et de mort. Mais la présence de cette dernière opposition précisément (attraction/répulsion) est hautement significative car elle transcrit le fondement de toute organisation psychique lors de la phase « archaïque » ou pré-œdipienne. Que l’activité marchande et la figure de la Mère soient l’une et l’autre prises dans ce fonctionnement redouble la signification cryptée dans ce texte. Le point de jonction de la structure constitutive ici du sujet culturel sur celle de ce passage du texte est représenté par le sème de l’argent qui d’un côté convoque l’instable et de l’autre l’échanger (ainsi que leurs opposites respectifs : le stable et le donner), vecteurs les uns et les autres des deux figures soumises au questionnement.

Si on rapporte ensuite cette structure textuelle, telle qu’elle se donne à voir dans cet extrait, à celle qui organise la globalité du Guzman de Alfarache, je suis amené à rappeler ce que j’en ai dit dans des travaux antérieurs et, en particulier qu’il fallait voir dans une dialectique de la Justice et la Miséricorde l’élément dominant de cette structure6.

La dernière question qui se pose alors porte sur le rapport qu’on peut établir entre, d’une part, ces structures emboîtées qui se répètent sous des formulations très voisines sinon similaires et, d’autre part, l’ensemble de la production discursive du temps, dominée par des débats majeurs de société. Ceux-ci seront considérés comme reproduisant en dernière instance, un état déterminé de l’évolution socio-historique. C’est ainsi que ces structures textuelles reproduisent une structure discursive qui, à son tour, rend compte des bouleversements qui affectent le champ de la religion sous l’effet de l’évolution du niveau économique. En effet, pour développer son activité industrielle l’Europe doit puiser dans le réservoir de main-d’œuvre que constitue la population oisive des vagabonds et donc réglemente la mendicité, ce qui remet en cause la conception catholique traditionnelle de la charité. Cette problématique, surgie dans l’Europe luthérienne du Nord de l’Europe, est littéralement importée en Espagne par le De subventione pauperum de Vives édité à Anvers en 1526. Au déphasage qui sépare le niveau économique de la péninsule par rapport à celui de ses voisins correspond l’inadéquation corrélative des mentalités respectives, d’où l’exacerbation que déclenche en Espagne la remise en question d’un des points fondamentaux de l’éthique catholique. C’est de cette dys-synchronie que surgit, à mes yeux, la littérature picaresque et plus particulièrement Guzman de Alfarache. Cette lecture conforte le point de vue qui associe l’origine du roman au développement de la bourgeoisie mais encore convient-il de faire remarquer que ce qui advient nous renvoie à un espace symbolique où cette ascension bourgeoise fait l’objet d’un regard critique. Si le genre picaresque naît de la projection du Guzmán de Alfarache sur le Lazarillo de Tormes la configuration des structures qui le fondent (Justice vs Miséricorde) fait apparaître une fracture historique et un affrontement qui oppose à une valeur authentique, la miséricorde, une valeur dégradée parce qu’instrumentalisée, la justice (sous le prétexte de combattre l’oisiveté et le vice, les réformateurs servent les intérêts d’un capitalisme en voie d’expansion).

J’évoquais plus haut des « formulations très voisines sinon similaires » par lesquelles s’exprimait une confrontation des mêmes « valeurs ». La Miséricorde ne consiste-t-elle pas à donner sans examiner si celui à qui je donne mérite ou non ma compassion ? Elle s’oppose ainsi à la Justice qui voudrait que je ne donne qu’à celui qui le mérite. En faisant l’aumône à celui qui la « mérite » (« il ne peut pas travailler ») et en la refusant à celui qui ne la « mérite » pas (« il peut travailler »), je me situe dans le cadre d’un échange : le « mérite » est assimilé à une marchandise et à un crédit qui ouvre, ou n’ouvre pas, un droit. La Miséricorde authentique implique au contraire le désintéressement et l’abnégation.

Dans le cas du Guzmán de Alfarache le débat sur la réforme de la bienfaisance n’est cependant pas le seul à devoir être impliqué. Il en est un autre, qui prend précisément de l’importance dans les années 1594-1595, c’est-à-dire à un moment où Mateo Aleman est probablement en train d’écrire la première Partie de son Livre du gueux (terminée en 1597). Il s’agit d’une dispute sur la prédestination, la grâce efficace et la grâce suffisante, qui oppose les augustiniens et thomistes aux jésuites. L’homme est-il sauvé parce qu’il est choisi par Dieu (« aucune créature ne serait meilleure qu’une autre si elle n’était pas plus aimée par Dieu ») ou parce que ses actions méritent qu’il le soit ? Dieu réserve-t-il sa grâce à ceux qui la méritent, ce qui relève de la simple justice ou à ceux qu’il a choisis, ce qui relève de sa divine bonté et de sa compassion. Les deux options ouvertes par cette polémique peuvent être ramenées à une dialectique qui recouvre la précédente, car l’expression de la bonté divine est en fait un acte miséricordieux qui abolit le péché originel. Il faut ajouter à l’impact que ces deux débats ont eu sur la structure du livrele fait que, au niveau de la forme, le Guzmán de Alfarache doit tout à l’application systématique des règles de la rhétorique, à un point tel que celle-ci se présente comme une des sources du roman moderne7. Or l’art du prétoire est bien organisé, à son tour, autour de la confrontation de la Justice et de la Miséricorde.

Il y a bien une continuité sémiotique entre ces différentes structures (celle de l’extrait étudié, celle de la globalité du Guzman de Afarache et celles des trois pratiques discursives décelables dans le processus de la morphogénèse), même si les formulations qu’on peut en faire au premier abord ne sont pas absolument similaires et ne se recouvrent parfaitement que si on accepte de les lire dans une approche structurale et abstraite. Ceci étant, reste le problème du rapport entre le sujet culturel et ces différentes structures. Quel est le facteur qui déclenche le processus de la mise en texte ? Le contexte réactive-t-il le sujet culturel du fait que ce dernier l’intériorise sous une certaine forme ? Tout en réactivant ce sujet, la convergence structurelle de ces pratiques discursives s’impose-t-elle au moment du passage à l’écriture ?

Une autre observation s’impose. Je n’oublie pas que le sujet culturel n’est pas le sujet. Tout un pan de ce dernier m’échappe et nous échappera toujours : celui qui correspond entre autres choses à l’intenté (un intenté authentique qui ne recoupe pas forcément la reconstitution a posteriori d’éventuelles et problématiques intentions), ainsi qu’à certaines modalités de l’intériorisation d’expériences personnelles. Je me contente de reconstituer le nous et de tenter d’entendre ce que dit un sujet barré à travers ce que dit ce nous, en regroupant en quelque sorte des fragments. Dans ce contexte théorique un point retient l’attention car il ouvre sur un questionnement plus général : comment expliquer la cohérence qui ressort dans cet emboîtement entre les structures du texte et celles des médiations discursives par où transite la représentation du socio-économique ? A partir des conclusions que j’avais tirées de plusieurs analyses de textes littéraires [Libro de Buen Amor, Guzmán de Afarache, La Vida del Buscón (Espagne) Cumandá (Équateur), El Periquillo Sarniento (Mexique)…] ou filmiques [Scarface (1931,USA), Los Olvidados (Mexique)… ], j’ai tenté de répondre à cette question dans De l’Engendrement des formes8, en affirmant que l’axe structural fondamental de la morphogénèse des textes semblait procéder de la coïncidence conflictuelle, à un moment déterminé de l’histoire d’une société, de deux discours contradictoires qui portent sur des enjeux majeurs de cette même société et qui sont l’un et l’autre organisés autour d’une contradiction de valeurs morales et sociales extrêmement fortes. Lorsque le débat que ces discours développent prend de l’ampleur dans la durée, les composantes structurelles majeures de ces mêmes discours, qui sont les vecteurs abstraits des arguments qui sont échangés, se gravent dans la compétence sémiotique des sujets au niveau du non conscient. Les formulations qui véhiculent ces structures dialectiques en viennent à saturer en quelque sorte l’organisation des représentations sociales au point d’acquérir une totale autonomie sous la forme d’une matrice conceptuelle et discursive disponible susceptible d’entrer dans d’autres ensembles discursifs que celui dont elle procède. De ce point de vue, le cas de Guzmán de Alfarache me paraît exemplaire dans la mesure où le texte implique deux polémiques qui, comme nous l’avons vu, questionnent en dernière instance les mêmes valeurs.

La lecture attentive du passage que j’ai sélectionné permet de décrire un panorama relativement large de la compétence sémiotique d’un sujet culturel qui serait saisi à un moment déterminé de son existence et au sein de circonstances sociohistoriques précises.

Institut International de sociocritique, Montpellier


Notes

  1. Alemán (Mateo), Guzmán de Alfarache, vol. 2, Espagne, 1604, p. II, Ch.1 : « la traduction est de moi ». Il s'agit d'un texte que j'ai déjà sollicité plusieurs fois, mais dans des perspectives dans chaque cas différentes.

  2. L’expression est de Juan-David Nasio.

  3. Braudel (Fernand), La Méditerranée et le monde Méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, vol. I, 1966, p. 468 (c’est moi qui souligne). 

  4. Nasio (Juan-David), L’Œdipe – Le concept le plus crucial de la psychanalyse, Paris, Payot, coll. « Désir », 2005, p. 39.

  5. Cros (Edmond), Théorie et pratique sociocritiques, Montpellier/Paris, C.E.R.S./Éditions sociales, 1980 ; Ibid., Theory and Practice of Sociocriticism, Minneapolis, University of Minnesota Press, Theory and History of Literature, vol. 53 1988.

  6. Cros (Edmond), Mateo Alemán, Introducción a su vida y obra, Salamanca, Anaya, 1971.

  7. Cros (Edmond), Protée et le gueux, Recherches sur les origines et la nature du récit picaresque dans Guzman de Alfarache de Mateo Alemán, Paris, Didier, 1967.

  8. Cros (Edmond), De l'engendrement des formes, Montpellier, C.E.R.S., 1990.


Pour citer cet article :

Edmond Cros, « Sociocritique et psychanalyse ― synthèse d'un parcours euristique », dans Carrefours de la sociocritique, sous la direction d'Anthony Glinoer, site des ressources Socius, URL : http://ressources-socius.info/index.php/reeditions/24-reeditions-de-livres/carrefours-de-la-sociocritique/120-sociocritique-et-psychanalyse-synthese-d-un-parcours-euristique, page consultée le 16 janvier 2021.

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