Définition

Le terme « transnational » est utilisé couramment pour désigner des phénomènes et des relations qui ne rentrent pas dans les frontières territoriales, administratives, économiques et culturelles des États-nations : institutions politiques et administratives, migrations, réalités différentes comme le féminisme et le crime organisé. Dans les domaines de l’histoire, des lettres et des sciences sociales, ce concept est employé de manière pragmatique et souvent floue, pour dénoter l’exigence de mettre en cause non seulement le cadre national mais, plus en général, le découpage territorial et les cloisonnements qu’il a produits dans toutes les disciplines. Les directeurs du Palgrave Dictionary of Transnational History (Iriye & Saunier, 2009), qui peut être considéré comme un instrument et comme un indicateur de l’institutionnalisation du concept, ne le présentent pas comme un paradigme, mais simplement comme une perspective, qui est inédite et récente dans le domaine de l’histoire contemporaine, alors qu’elle s’était imposée spontanément à des spécialistes des époques antérieures, comme Marc Bloch et Fernand Braudel. Ils proposent une définition œcuménique, incluant tous ceux qui ont contribué et contribuent, avec des démarches diverses, à mettre en cause le « nationalisme méthodologique », quels que soient les labels revendiqués et les domaines. Quant aux objets, ils se bornent à parler de « links and flows », de « people, ideas, products, processes and patterns that operate over, across, through, beyond, above, under or in-between politics and societies » (Bloch & Braudel, p. XVII).

 

Historique des emplois

Le terme a sans doute été lancé en 1862, par une remarque du philologue Georg Curtius : « Eine jede Sprache ist ihrer Grundlage nach etwas transnationales » (Curtius, p. 9). Pendant plus d’un siècle les occurrences ont été rarissimes et n’ont joué aucun rôle dans les études littéraires. Ainsi nous n’évoquerons ici que les emplois postérieurs les plus pertinents. Par ailleurs, nous ne saurions nous limiter à évoquer les travaux qui ont expressément appliqué le concept de transnational à la littérature, car leurs auteurs eux-mêmes s’incluent dans un réseau transdisciplinaire beaucoup plus vaste, reliant des chercheurs qui partagent l’exigence de dépasser l’enfermement de la recherche dans un cadre national ou local, tout en recourant à d’autres étiquettes (connected ou entangled ou world history, histoire globale, études des transferts ou des relations interculturelles, « histoire croisée », Transregional studies, etc.), souvent employées comme quasi interchangeables.

L’essor de la « Transnational History », comme perspective concernant a priori tous les domaines de l’histoire, date de la fin des années 1970, étant sans doute lié au questionnement qu’a suscité l’accélération de la mondialisation, notamment dans les Cultural Studies, l’anthropologie, l’économie et les études sur les migrations (Saunier, 2008 ; Macdonald). L’exigence de repenser autrement l’histoire des États-nations et la construction des historiographies nationales a été posée explicitement pour la première fois en 1979 par Laurence Veysey, à propos des États-Unis (Veysey). Benedict Anderson inaugurait en 1983, avec Imagined Communities, un vaste chantier collectif visant à reconstituer la genèse des autoreprésentations nationales. Ce travail a porté jusque-là surtout sur l’histoire de certains pays : l’Angleterre (Colley) ; les États-Unis (Thelen ; Bender, 2002, 2006 ; Tyrrel, 2007) ; l’Allemagne (Blackbourn ; Jarausch & Geyer ; Conrad & Osterhammel ; Conrad, 2006, 2012) ; la France (Dziembowski ; Wilfert-Portal & Deluermoz). Les travaux concernant plusieurs cas ont fait émerger les analogies et les rapports dialectiques d’appropriation et de réaction caractérisant ces processus (Dziembowski ; Thiesse ; Curthoys & Lake ; Aprile & Bensimon ; Conrad, 2010). Selon la plupart des historiens, il faut relier l’histoire de la nationalisation à l’histoire de la mondialisation, car depuis la moitié du xviiie siècle jusqu’à la moitié du xxe siècle ces processus étaient concomitants et connectés (Wilfert-Portal, 2013 ; Macdonald, p. 10). Ce regard a été appliqué à l’histoire de l’internationalisme lui-même (Geyer & Paulmann). Quelques auteurs se sont attachés à dénationaliser l’histoire ancienne et moderne, souvent étudiée jusque-là comme préhistoire nationale, alors qu’il faut reconstituer des configurations plus vastes et variables, ainsi que l’ont fait des pionniers comme Fernand Braudel pour la Méditerranée et Sanjay Subrahmanyam pour le continent eurasiatique (Braudel ; Subrahmanyam). Le travail empirique est allé de pair avec un effort de réflexion sur les conditions de possibilité et les outils de la « Transnational History » (Iriye ; Tyrrel, 2009 ; Saunier, 2008, 2013 ; Budden, Conrad & Janz ; Charle, 2013, pp. 135-168 ; Wilfert-Portal, 2013).

Pour ce qui concerne les études littéraires, cette conversion du regard s’est amorcée vers la fin des années 1980, notamment aux États-Unis, grâce à l’attention des Cultural Studies et des Postcolonial Studies pour les processus de mobilité, de circulation et d’hybridation des traditions culturelles. La récupération du concept goethéen de Weltliteratur impliquait, elle aussi, une intention de dépassement du nationalisme littéraire. La notion de transnational, introduite plus tard, a fait une percée si rapide dans les départements anglophones de littérature et dans les American Studies que depuis 2004 on y parle d’un transnational turn (Fishkin). Comme l’observent certains critiques, plusieurs représentants de ce prétendu tournant n’échappent pas aux principaux travers qui ont été reprochés aux Studies et aux discours antérieurs sur la Globalization. Nombre d’auteurs se bornent à souligner l’exigence de prendre en compte la fluidité des frontières et des identités, sans interroger suffisamment leurs présupposés et leurs démarches. En outre, ils tendent à se focaliser exclusivement sur la problématique identitaire et sur des objets ou des individus qu’ils considèrent comme particulièrement représentatifs des logiques du border-crossing (Fluck). L’ouvrage remarquable que Paul Jay a consacré au transnational turn dans les études littéraires illustre bien les limites de ces focalisations (Jay). Il attribue au colonialisme un rôle décisif dans la Globalization, et il analyse des textes qui, du fait de la trajectoire postcoloniale ou diasporique de leurs auteurs, expriment de manière particulièrement saisissante les tensions propres aux identités clivées. Il propose, en fait, moins un dépassement qu’un renversement de la perspective euro-centrique, car il fait de l’histoire coloniale et postcoloniale le centre de l’histoire mondiale, et remplace le canon occidental par un nouveau canon, excluant de fait les auteurs d’origine occidentale. Il désigne comme modèle l’ouvrage de Paul Gilroy, The Black Atlantic, qui accomplit un renversement du même genre, en reliant la construction de l’identité anglaise et de la modernité à la diaspora des esclaves noirs déportés (Gilroy).

Les travaux sur les « transferts culturels » franco-allemands menés et promus par Michel Espagne et Michael Werner (Espagne & Werner) et les Descriptive Translation Studies (Toury), s’inspirant de la polysystem theory (Even-Zohar), n’utilisaient pas le concept de transnational mais ont contribué à la mise en cause du cadre national dans les études littéraires. Les études des « transferts » cherchent à situer les échanges dans les relations politico-culturelles entre les pays concernés et prennent en compte les institutions et les individus impliqués. Elles tendent toutefois à négliger les enjeux économiques et le rôle de l’édition. Ces aspects sont mieux éclairés par l’histoire du livre, qui s’ouvre à une perspective transnationale et s’intéresse aux traductions (Lyons & Mollier). Gideon Toury a reconnu le rôle que jouent dans la traduction les « normes » de la culture-cible (Toury), Andrew Chesterman (2009) a souligné l’importance des études sur les traducteurs, mais les Translation studies restent pour la plupart focalisés sur les textes.

Plusieurs sociologues, historiens de la culture et de la littérature se sont attachés à élaborer des approches transnationales intégrant les suggestions théoriques de Pierre Bourdieu (Bourdieu, 1992, 1990) et les apports d’autres traditions. Christophe Charle a poursuivi une conception globale de l’histoire comparée (Charle, 1993, 1996, 2001, 2015). Pascale Casanova, Johan Heilbron et Gisèle Sapiro se sont inspirés du modèle centre-périphérie élaboré par Immanuel Wallerstein et appliqué par Abram de Swaan au système des relations entre les langues (Casanova, 1999, 2002, 2015 ; Heilbron, 1999, 2001 ; Heilbron & Sapiro ; Sapiro, 2010c, 2011, 2012, 2014b, 2016). Ces rencontres théoriques sont fondées sur une image du monde social comme structure de positions concurrentes, hiérarchisées par la distribution inégale des différentes formes de capital. Par rapport à la tradition comparatiste, aux Translation Studies et aux études de transferts, cette démarche se distingue en ce qu’elle ne se limite pas à analyser des relations binaires, mais pose que toute relation ne s’explique qu’en la situant dans le cadre mondial.

La théorie des champs aide à préciser et à affiner l’analyse, en ce qu’elle prend en compte l’enchevêtrement de l’économique, du politique et du symbolique, ainsi que la différenciation historique des univers sociaux, les oppositions et les logiques qui les structurent, les propriétés des œuvres, les agents – auteurs, traducteurs, critiques, médiateurs multiples – et les instances – revues, maisons d’édition, presse, enseignement – qui contribuent au processus de production et de consécration. Elle implique en outre un travail d’auto-socioanalyse visant à saisir et à contrôler les déterminations qui orientent la relation à l’objet, y compris celles qui tiennent aux traditions disciplinaires nationales.

Les traductions et l’édition sont parmi les principaux objets des recherches de ce réseau (Wilfert-Portal, 2003 ; Sapiro, 2008, 2009a, 2010b ; Popa). Bien de ces travaux concernent également le rôle qu’ont joué les connexions transnationales dans la construction des identités et des littératures nationales, ainsi que dans l’historiographie littéraire et dans la critique (Sorá, 2002, 2003 ; Wilfert-Portal, 2006 ; Figueroa ; Sapiro, 2010a, 2014). Les recherches sur les capitales culturelles ont montré qu’il est indispensable de tenir compte du rôle de certains centres polarisant les champs, au niveau infranational et supranational (Charle, 2008, 2009 ; Charle & Roche). L’histoire transnationale des intellectuels (Charle, 1996 ; Sapiro, 2009b), de l’enseignement et des universités (Charle, Keiner & Schriewer ; Charle, Schriewer & Wagner ; Charle & Verger ; Karady), des disciplines (Heilbron, Guilhot & Jeanpierre ; Sapiro, 2014a) et des concepts (Christin ; Boschetti, 2014) contribue à éclairer le fonctionnement des échanges et des croisements littéraires. L’analyse quantitative des flux et le travail prosopographique sur les agents permettent d’asseoir la recherche de tendances générales. (Karady ; Charle, 2008 ; Sapiro, 2008, 2014b).

 

Ouvertures

Les intitulés d’ouvrages, collections, revues, cours, sites et colloques montrent que le recours au concept de transnational est actuellement répandu dans les études littéraires comme dans les autres disciplines. Si dans certains cas il s’agit de prétentions superficielles, nombre de chercheurs poursuivent un effort d’objectivation empirique méthodique et un questionnement sur la démarche. Michel Espagne et Michael Werner ont notamment mis en cause l’approche comparative, en lui reprochant de traiter les traditions nationales comme des essences données. Pour désigner l’exigence de focaliser l’attention sur les relations et les connections, Michael Werner a lancé avec Bénédicte Zimmerman la notion d’« histoire croisée » (Espagne, 1994 ; Werner & Zimmerman, 2002, 2004). D’autres auteurs critiquent le recours à des labels distinctifs qui produisent des oppositions imaginaires, en divisant le camp de ceux qui devraient lutter ensemble contre le nationalisme institutionnellement dominant. Ils font observer que l’effort de généralisation implique toujours la comparaison ; et que, pour éviter l’essentialisme, il suffit de ne pas oublier qu’en fait on compare des états de processus historiques enchevêtrés et constamment en évolution. En outre, l’exigence de réflexivité à l’égard des sources, points de vue, échelles, temporalités, concepts qu’il mobilise est nécessaire pour le comparatiste et, en fait, les divergences entre ceux qui partagent une perspective transnationale sont moins importantes que les convergences (Haupt & Kocka, 1996 ; Charle, 1998 ; Charle, 2013, pp. 135-149 ; Kaelble ; Boschetti, 2010). En effet, la plupart d’entre eux souscrivent aux principales hypothèses que Pierre-Yves Saunier a avancées (Saunier, 2008, 2013), notamment l’exigence de prendre en considération les contraintes structurales qui orientent les flux et les circulations, c'est-à-dire les facteurs que désignent des concepts comme « configurations » (Elias), « world system » (Wallerstein), « champs » (Bourdieu), « régimes d’historicité » (Hartog). Ces contraintes sont le produit de l’histoire et peuvent être remises en cause par des dynamiques historiques, mais il ne suffit pas de les ignorer pour les abolir. Au contraire, il faut connaître les déterminations qui s’exercent sur le monde social, et d’abord sur les schèmes mentaux, pour cerner les conditions qui favorisent les connexions et les échanges. Un autre point de rencontre, c’est le refus de « penser en termes de “niveaux” (le local, le national, l’international comme autant de poupées russes) » (Saunier, 2004) : l’analyse empirique montre que le « local » peut interagir directement avec le supranational et le transcontinental (Wilfert-Portal, 2003 ; Charle, 2008, 2009 ; Boschetti, 2010).

Bien des chercheurs partagent l’attitude fédératrice des directeurs du Palgrave Dictionary of Transnational History, persuadés qu’il faut un rassemblement des forces pour faire face à l’ampleur et à la difficulté des enquêtes que la perspective transnationale implique. Michel Espagne et Matthias Middell ont fondé en 2004 le portail geschichte.transnational, (http://geschichte-transnational.clio-online.net/transnat.asp?lang=fr ), qui se présente comme un « Forum spécialisé concernant l'histoire des transferts culturels et des imbrications transnationales en Europe et dans le monde ». Sebastian Conrad et d’autres auteurs ont constitué en 2009 le Forum Transregionale Studien de Berlin. Dans l’année 2014-2015 Blaise Wilfert-Portal et Quentin Deluermoz ont organisé à l’École Normale Supérieure le séminaire « Pour une histoire transnationale et globale de la France, 1750-2013 », se proposant de « faire converger les efforts de ceux qui s’y adonnent déjà, de manière souvent dispersée ». Ainsi, grâce à la posture ouverte et « modeste » de ses promoteurs, la perspective transnationale rompt avec la logique distinctive dont procèdent les guerres des étiquettes. Elle pourrait sans doute contribuer à une véritable révolution : l’émergence de quelque chose comme une communauté de recherche transnationale et transdisciplinaire dans le domaine des sciences sociales et des humanités, des disciplines qui jusque-là, à la différence des sciences de la nature, n’ont jamais réussi à fonctionner comme un champ unitaire, permettant le progrès de la connaissance, grâce au dialogue rationnel et à l'intégration des acquis.  

 

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Pour citer cet article :

Anna Boschetti, « Transnational », dans Anthony Glinoer et Denis Saint-Amand (dir.), Le lexique socius, URL : http://ressources-socius.info/index.php/lexique/21-lexique/186-transnational, page consultée le 24 avril 2017.