Définitions

Depuis ses origines, la théorie littéraire examine les relations que la littérature entretient avec le réel, sa capacité à dire le monde. Il s’agit donc d’une catégorie majeure dont la définition est pourtant très labile. La référence au réel et l’effet de réel sont deux concepts connexes : le premier a un large champ d’application alors que celui d’effet de réel a un sens beaucoup plus étroitement délimitable, marqué d’un point de vue épistémologique.

Dans les approches sociales du littéraire, le concept de réel est central, tout en étant considéré comme peu heuristique. On lui substitue celui de social.

La référence au réel

Le concept de référence au réel, qui désigne toute opération de renvoi au réel, est central pour envisager les rapports de la littérature avec le monde, mais le terme de réel n’est pas pour autant réservé à ce domaine. Polysémique, ce dernier appartient au vocabulaire courant et est doté d’une fréquence d’emploi très élevée. Tout le monde en a ainsi une définition intuitive (« ce qui existe, a existé ou existera ») qui renvoie à l’univers de la perception immédiate. Cependant, dès lors qu’il s’agit de préciser sa signification, on se heurte à un sentiment d’arbitraire, car il est impossible d’en fixer un nombre précis de sens, mais surtout de le doter d’une définition rigoureuse. En effet, toute tentative d’explication du sens de réel implique un positionnement épistémologique, voire idéologique. Les significations du terme varient donc sensiblement selon les horizons disciplinaires et selon les époques et déterminent les manières dont on définit les notions clefs de la théorie littéraire, comme le rappelle Antoine Compagnon :

« Toute une série de termes posent, sans jamais le résoudre pour de bon, le problème de la relation du texte et de la réalité, ou du texte et du monde : mimèsis bien entendu, le terme aristotélicien traduit par “imitation” ou par “représentation” (le choix de l’une ou de l’autre traduction est en soi une option théorique), “vraisemblable”, “fiction”, “illusion”, ou même “mensonge”, et bien sûr “réalisme”, “référent” ou “référence”, “description” » (Compagnon, p. 112).

On le voit dans cet inventaire qui brasse tout aussi bien la question de la fiction que celle de la description en passant par celle de la mimèsis, la question des relations entre littérature et réel apparaît finalement presque aussi vaste que celle consistant à définir la notion même de littérature. On retiendra donc à la fois l’appartenance du terme de réel à cette catégorie de mots courants dont chacun a une définition intuitive et son extrême flou conceptuel qui va de pair avec la variation de ses significations à la fois en synchronie et en diachronie.

 

L’effet de réel

Le terme d’effet de réel est plus aisé à délimiter : il s’agit cette fois d’une locution forgée par Roland Barthes dans un article intitulé « L’effet de réel » en 1968. Le critique y interroge la capacité du texte à représenter le réel en s’appuyant sur l’examen de ces « notation[s] insignifiante[s] » (Barthes, p. 82), non « prédictive[s] » (p. 83) car sans la moindre fonction dans la grammaire du récit, qui donnent l’illusion de renvoyer au « réel concret » (p. 86). Il s’appuie notamment sur les exemples du baromètre de Mme Aubain dans Un cœur simple de Flaubert ou de la petite porte de Charlotte Corday dans L’Histoire de France de Michelet pour montrer qu’ils ne renvoient pas plus à des référents extralinguistiques que les autres signes du texte, mais que leur fonction est de « signifie[r] la catégorie du réel » au lecteur, de lui dire « nous sommes le réel », ce qui produit un effet de réel. Les relations du texte avec le réel ne sont donc plus à interpréter en termes de dénotation, mais de connotation. Cet effet de réel est analysé comme procédé de légitimation du « dire » dans des genres qui affichent leur confiance en leur capacité à reproduire le réel, comme le récit historique ou le roman réaliste. Barthes affirme donc avec ce concept sa vision intransitive du texte littéraire et refuse qu’il soit abordé au regard de ses dehors.

 

Historique des emplois

Le concept de réel est tellement consubstantiel à l’idée même de littérature qu’il est impossible de reconstruire l’historique exhaustif de ses emplois. Au cours du xxe siècle, une défiance à son égard a gagné toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, qui en ont contesté l’illusion positiviste. Pourtant le concept de réel n’a pas toujours eu le même pouvoir de répulsion. Il n’a été considéré comme peu heuristique qu’assez tardivement. La question des relations entre littérature et réel peut s’incarner de diverses manières selon les époques et les théories.

Dès l’Antiquité, dans La République de Platon puis dans la Poétique d’Aristote, la spécificité de l’œuvre d’art est définie par sa capacité à reproduire le réel et se trouve appréhendée à travers le concept de mimèsis, qu’on traduit couramment par « représentation » ou « imitation ». Littérature et référence au réel forment donc un couple d’inséparables dont chaque époque cherchera à préciser les rapports, en faisant usage de métaphores ou de théories variables.

Une première tendance, héritière d’Aristote, pense cette relation à travers la notion de vraisemblance. L’art est certes défini par sa vocation à imiter le réel, désigné plus volontiers par le terme de nature, mais il doit le corriger, le reconfigurer, en gommer les accidents, afin de le rendre plus crédible, plus conforme à la doxa. L’esthétique classique est une manifestation exemplaire de cette compréhension de la mimèsis car elle érige le vraisemblable en critère d’évaluation des productions lettrées. La querelle du Cid, qui consiste en grande partie à statuer sur le caractère vraisemblable de l’intrigue, en est un bon observatoire.

Une seconde tendance est fondée sur une conception de la mimèsis comme copie fidèle du réel. Elle est particulièrement incarnée par le roman, dont les grandes évolutions jusqu’au xixe siècle peuvent être comprises comme des tentatives sans cesse renouvelées de dire le réel. C’est ainsi au nom d’une dénonciation de l’artifice, d’une « reproduction de la nature sans idéal »1 que se développe une littérature en marge de la littérature officielle, illustrée par une palette d’auteurs comme Rabelais et Diderot, en passant par Scarron et Furetière. Mais il faut attendre le xixe siècle pour que l’on passe d’une opposition à l’idéalisation, encore incarnée par de multiples tendances esthétiques et génériques, à un courant fédéré autour de la notion de réalisme, même s’il ne constitue pas à proprement parler une école, et que l’étiquette a tendance à homogénéiser la variété des styles et des théories de l’époque. Au nom d’une ambition à toujours mieux représenter le réel, ou de ce que Jacques Dubois appelle un « sens du réel » (Dubois, p. 28), de nombreux auteurs privilégient une proximité sociale entre le monde des personnages et le monde du lecteur et font du roman le support idéal de questionnements historiques et sociaux. C’est cette nouvelle inflexion du rapport entre littérature et réel qui conduit à les classer dans la catégorie de réalistes, souvent rétrospectivement, même lorsqu’eux-mêmes rejettent cette appellation. La fameuse métaphore de la littérature comme « miroir qu’on promène le long d’un chemin »2, utilisée par Stendhal dans Le Rouge et le Noir, dit bien cette volonté de faire de la littérature un reflet du réel même si l’image qu’elle renvoie est déformante, et de rejeter tout ce qui consisterait à l’embellir. Le « tableau exact des mœurs » que Balzac ambitionne de produire dans la Comédie humaine est aussi une déclinaison de ce projet : il consiste à embrasser la totalité du réel par la description systématique des diverses classes sociales. Dans Madame Bovary et L’Éducation sentimentale, Flaubert3 retrace à son tour les itinéraires de bourgeois médiocres à Paris ou en province.

Quel que soit le rapport de ces auteurs à l’école réaliste stricto sensu, ce classement rétrospectif a l’avantage d’identifier un moment de la littérature où le terme de réel connaît une fortune sans précédent et se définit très largement comme un antonyme d’idéal, ce qui implique à la fois l’ouverture du roman à toutes les catégories sociales, dont les plus défavorisées, et la déconstruction de l’héroïsme. Parallèlement au positivisme qui gagne les sciences sociales, un mouvement est alors amorcé consistant à faire du roman le support privilégié de l’étude de mœurs et un instrument de connaissance du réel, ce qui aboutira au naturalisme d’un Zola par exemple.

Selon le principe du bouleversement esthétique qui prévaut dans l’histoire des arts, il a fallu que le terme de réel atteigne cette place de choix dans le discours sur la littérature pour qu’il devienne à son tour objet de contestation et de soupçon dès la seconde moitié du xixe siècle, dans le courant symboliste par exemple. La relation entre littérature et réel devient ainsi l’un des débats majeurs du xxe siècle, dont il serait trop long de rappeler ici les diverses expressions. On retiendra cependant qu’un premier mouvement de défiance se manifeste dans la redéfinition même du réel, qui progressivement renvoie à l’immédiatement observable, par opposition à quelque chose situé au-delà, qui se dérobe et ne s’offre plus directement à la vue. Dans le premier xxe siècle, l’invention du surréalisme en est un bon témoignage. Formé de la base réaliste, dans laquelle on reconnaît le radical réel, et du préfixe intensif sur-, ce terme montre à la fois que la famille dérivationnelle de réel reste au premier plan dans le lexique définitoire de l’œuvre littéraire, tout en étant désormais considérée comme insuffisante pour décrire les relations entre la littérature et son dehors : la littérature affiche ainsi son ambition d’aller au-delà du réel informe. Bien que prenant des formes diverses, c’est cette même idée qui unit également un Huysmans, un Proust, un Céline ou encore un Sartre, et qui a pour conséquence la mise sur le devant de la scène du sujet et de sa conscience.

C’est toutefois le tournant linguistique des décennies 1960 et 1970 qui jettera le soupçon le plus fort sur le concept de réel, en mettant en avant l’idée qu’il n’existe pas de réalité en dehors du discours. La proclamation du divorce entre littérature et référence au réel devient même un des principaux enjeux définitoires de la théorie littéraire naissante. Plusieurs textes majeurs4 emblématisent ce parti-pris et cette focalisation sur la question : « Réalisme et forme romanesque » de Ian Watt en 1957, « L’effet de réel » de Roland Barthes en 1968, « L’illusion référentielle » de Michel Riffaterre en 1978. On répète à l’envi la thèse de l’intransitivité de la littérature :

« La fonction du récit n’est pas de “représenter”, elle est de constituer un spectacle qui nous reste encore très énigmatique, mais qui ne saurait être d’ordre mimétique. […] “ce qui se passe” dans le récit n’est, du point de vue référentiel (réel), à la lettre : rien ; “ce qui arrive”, c’est le langage tout seul, l’aventure du langage, dont la venue ne cesse jamais d’être fêtée » (Barthes, 1966, pp. 26-27).

Il s’agit bien sûr ici de mettre à mal la théorie séculaire de la mimèsis, quitte à en opérer une simplification. Avant le tournant linguistique, il y aurait eu une confiance maximale dans le pouvoir de dénotation du langage et en la capacité de la littérature à représenter le réel. Jusqu’au xixe siècle, la littérature aurait eu pour fin et pour idéal de copier le réel :

« Pour les écrivains du xviiie et du xixe siècles comme pour leurs lecteurs, le réalisme en littérature (même si le mot n’y est pas toujours) est un idéal : celui de la représentation fidèle du réel, celui du discours véridique, qui n’est pas un discours comme les autres mais la perfection vers laquelle doit tendre tout discours ; toute révolution littéraire s’accomplissait alors au nom d’une représentation encore plus fidèle de la “vie”. » (Genette & Todorov, p. 7)

L’histoire littéraire serait ainsi à lire jusqu’au xixe siècle comme la recherche d’une adéquation au réel et toute innovation à comprendre comme nouvelle solution apportée à cette quête.

Cette focalisation sur le concept de réel va de pair avec des choix de corpus. C’est le réalisme du xixe siècle qui attire tous les regards et se trouve redéfini comme un « style littéraire », qui n’a pas plus vocation à représenter le réel que les autres, mais dont la principale caractéristique est de s’appuyer sur l’effet de réel. Cette dévaluation du terme de réel s’accompagne enfin d’une assimilation entre texte littéraire et « fonction poétique », définie par Jakobson comme énoncé où « l’accent [est] mis sur le message pour son propre compte » (Jakobson, p. 218) par opposition notamment à la « fonction référentielle », qui revient du même coup à proclamer l’autoréférentialité de la littérature. Cette nouvelle manière d’envisager le littéraire va de pair avec une théorisation de manières de lire considérées comme spécifiquement littéraires qui consistent à exclure toute tentative d’y lire une référence au réel.

C’est encore une même primeur donnée à cette question qui conduit à distinguer deux grands régimes textuels selon la relation que ceux-ci entretiennent avec le réel : les genres fictionnels et les genres non fictionnels, ou factuels si l’on reprend la terminologie genettienne. Cette catégorisation est elle-même objet de débats nombreux et occupe une large place dans les théorisations du littéraire.

Du côté de l’écriture romanesque, c’est le Nouveau roman qui incarne le mieux ce rejet de toute ambition réaliste, dont il s’attache à dénoncer l’illusion et à faire exploser les formes héritées du xixe siècle. Alain Robbe-Grillet par exemple le formule en ces termes : « Je ne transcris pas, je construis. C’était déjà la vieille ambition de Flaubert : bâtir quelque chose à partir de rien, qui tienne debout tout seul sans avoir à s’appuyer sur quoi que ce soit d’extérieur à l’œuvre ; c’est aujourd’hui l’ambition de tout le roman. »5

Enfin, en ce qui concerne les approches sociales du texte littéraire et de la littérature, on observe un même mouvement de défiance progressive à l’égard d’un réel objectivable, indépendant du langage. Parallèlement au développement de la théorie littéraire et du structuralisme, les termes de réel et de réalité deviennent l’objet de questionnements dont les réponses apportées définissent l’épistémologie même des disciplines. Sous la plume d’un Victor Cousin en 1858, auteur d’un ouvrage portant sur La Société française au xviiie siècle d’après le Grand Cyrus de Melle de Scudéry, la société reflétée dans le roman est constituée en objet d’analyse par le biais d’une méthode de lecture consistant à décrypter les référents historiques cachés dans le roman. C’est ici une vision positiviste fondée sur une conception d’un réel immobile, extérieur au discours et immédiatement appréhendable.

Chez les premiers sociologues du littéraire d’inspiration marxiste, comme Georges Lukács, la littérature est étudiée comme reflet d’une réalité sociale objective, existant en dehors des textes : chaque genre figure ainsi les contradictions du monde réel et c’est même sa capacité à les refléter qui est érigée en critère esthétique. Son héritier direct, Lucien Goldmann, enregistre les avancées du structuralisme et envisage cette question comme une homologie de structures. Il voit en effet dans l’histoire du roman un reflet du développement du capitalisme : chaque période correspondrait ainsi à une inflexion nouvelle dans la « relation quotidienne des hommes avec les biens en général, et par extension, des hommes avec les autres hommes, dans une société productrice pour le marché » (Goldmann, p. 36).

Mais il faut attendre la décennie 1970 pour que la sociocritique de Claude Duchet s’affranchisse complètement de la théorie de la littérature comme reflet. La littérature s’y étudie non plus comme reflet d’une réalité préformée et objet de connaissance mais pour sa socialité, l’enjeu étant « ce qui œuvre dans le texte, soit un rapport au monde » (Duchet, 1979, p. 3). Dans le discours critique, la famille dérivationnelle de réel, étant trop associée à la théorie de la mimésis, décline ainsi au profit de celle de social. La théorie du prisme (Viala) remplace celle du reflet pour envisager les relations entre littérature et réel non plus en termes d’équivalence ou d’opposition, mais de médiation. On abandonne souvent la métaphore visuelle au profit de la métaphore auditive pour désigner un réel qui ne se donne plus à voir, mais à écouter, car il consiste en une « immense rumeur fragmentée qui figure, commente, conjecture, antagonise le monde » (Angenot & Robin, p. 53), pour reprendre la formule de Marc Angenot et Régine Robin : le langage et le texte sont ainsi mis au cœur du projet sociocritique.

 

Usages actuels

Depuis les années 1980, on assiste à un mouvement de reconsidération des dehors du texte dans des disciplines qui envisagent de manière dynamique et réciproque les relations entre littérature et réel, la sociocritique héritée de Claude Duchet, la sociologie du littéraire, influencée par les travaux de Bourdieu, les études culturelles issues de la New theory, mais aussi la philosophie du langage de Searle par exemple à travers sa théorie des actes de langage, l’analyse du discours ou la nouvelle rhétorique dans la lignée de Perelman. On a pu parler à ce propos d’un « tournant contextualisant » (Badiou-Monferran, p. 9), fondé sur la prise en compte de la situation de communication et des contextes de production et de réception des œuvres littéraires. Cependant, le terme de réel reste assez peu mobilisé pour dire cet intérêt revenu pour l’extérieur du texte, on lui préfère celui de monde, probablement plus neutre, car n’étant pas marqué comme positiviste, ou encore celui de social.

Du côté des écritures romanesques, on observe là aussi un retour en force du réel depuis le début des années 19806. À partir du constat que le roman accueille de nouveau la thématique de la condition ouvrière Dominique Viart évoque ainsi une « littérature redevenue transitive », en prise avec le réel, « mais d’autre façon, moins romanesque, plus en prise sur les sciences humaines, plus interrogeante » (Viart & Vercier, p. 211). Ce tournant s’appuie notamment sur un renouvellement de ses thèmes (la condition sociale des ouvriers par exemple) et de ses formes, une littérature moins narrative, constituée de « fragments, de notations isolées » (p. 213), considérée comme plus à même de dénoter un réel qui ne peut se dire que « par touches, par morceaux, comme délité » (p. 215).

 

Bibliographie

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Notes

  1. C’est ainsi que Littré définit le réalisme en 1869.

  2. Stendhal, Le Rouge et le Noir, livre premier, épigraphe du chapitre XIII.

  3. Dans le procès de Madame Bovary, la question du réalisme est au centre des débats. Flaubert rejette pourtant le terme avec vigueur : « Et notez que j’exècre ce qu’on est convenu d’appeler le réalisme, bien qu’on m’en fasse un des pontifes » (Lettre à Georges Sand, 6 février 1876, dans Correspondance, t. V, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », p. 12).

  4. Ils sont repris dans le collectif dirigé par Genette (Gérard) & Todorov (Tzvetan), Littérature et réalité, Paris, Seuil, 1982.

  5. Robbe-Grillet (Alain), Pour un nouveau roman, Paris, Minuit, 1963, p. 139.

  6. On cite souvent comme exemples précurseurs les romans de François Bon, Sortie d’usine, 1982 et de Leslie Kaplan, L’Excès d’usine, 1982.


Pour citer cet article :

Anna Arzoumanov, « Réel (référence au, effet de) », dans Anthony Glinoer et Denis Saint-Amand (dir.), Le lexique socius, URL : http://ressources-socius.info/index.php/lexique/21-lexique/162-reel-reference-au-effet-de, page consultée le 24 juin 2017.